ACTE DE L’INDEPENDANCE D’HAITI

Dessalines voulait, par une cérémonie solennelle, célébrer la Proclamation de l’Indépendance pour bien montrer qu’il fallait oublier entièrement la France. Le 31 décembre 1803, les généraux se réunirent donc aux Gonaïves pour entendre lire l’Acte de l’Indépendance. « Pour rédiger cet Acte, il nous faut la peau d’un blanc pour parchemin, son crâne pour écritoire, son sang pour encre et une baïonnette pour plume » avait dit Boisrond-Tonnerre . Et Dessalines, qui avait entendu ces paroles avec plaisir, lui répondit aussitôt : « Boisrond, je te charge d’exprimer au peuple mes sentiments à l’égard des blancs ».

Puis, le 1er janvier 1804, une foule immense et joyeuse s’étant rassemblée sur la Place d’Armes des Gonaïves, il déclara, dans une formule demeurée célèbre : « Jurons de combattre jusqu’au dernier soupir pour l’Indépendance de notre Pays ! » Aussitôt, de toutes les poitrines, jaillit le serment mille fois répété : Vivre libre ou mourir !

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ACTE DE L’INDEPENDANCE D’HAITI

Liberté ou la mort

ARMÉE INDIGÈNE
GONAÏVES, LE PREMIER JANVIER 1804
AN I DE L’INDÉPENDANCE
Aujourd’hui premier janvier dix huit cent quatre, le Général en chef de l’Armée indigène, accompagné des généraux, chefs de l’armée, convoqués à l’effet de prendre les mesures qui doivent tendre au bonheur du pays :

Après avoir fait connaître aux généraux assemblés ses véritables intentions d’assurer à jamais aux indigènes d’Haïti un gouvernement stable, objet de sa plus vive sollicitude : ce qu’il a fait à un discours qui tend à faire connaître aux puissances étrangères la résolution de rendre le pays indépendant, et de jouir d’une liberté consacrée par le sang du peuple de cette île ; et, après avoir recueilli les avis, a demandé que chacun des généraux assemblés prononçât le serment de renoncer à jamais à la France, de mourir plutôt que de vivre sous sa domination, et de combattre jusqu’au dernier soupir pour l’indépendance.

Les généraux, pénétrés de ces principes sacrés, après avoir donné d’une voix unanime leur adhésion au projet bien manifesté d’indépendance, ont tous juré à la postérité, à l’univers entier, de renoncer à jamais à la France, et de mourir plutôt que de vivre sous sa domination.

Haïti, pays sans papier

SIGNÉ:
Général en chef:
[Jean-Jacques] Dessalines

Généraux de division:
[Henri] Christophe
[Alexandre] Pétion
[Augustin] Clerveaux
[Nicolas] Geffrard
Vernet
Gabart

Généraux de Brigade:
P . Romain
G. Gérin
L. Capois
Daut
Jean-Louis François
[Laurent] Férou
[Pierre] Cangé
G. Bazelais
Magloire Ambroise
J. J. Herne
Toussaint Brave
Yayou

Adjudants-généraux:
[Guy Joseph] Bonnet
F. Papalier
Morelly
Chevalier
Marion
Chefs de brigade:
Magny
Roux

Officiers de l’armée:
Chareron, B. Goret
Macajoux
Dupuy
Carbonne
Diaquoi aîné
Raphaël
Malet
Derenoncourt

Secrétaire:
Boisrond Tonnerre

acte-independance

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