En 2017, plus de 110,000 haïtiens ont été expulsés ou refoulés du territoire dominicain

Le nouveau gouvernement chilien, qui a succédé à celui de la présidente socialiste Michelle Bachelet, étudie la possibilité de manière extraordinaire de régulariser les immigrants irréguliers sur son territoire. L’annonce a été faite par un groupe de députés de la coalition politique « Chile Vamos », alliée de l’actuel président Piñera et regroupant des partis du centre, du centre droit et de droite, après une réunion avec le sous-secrétaire d’État à l’Intérieur, Rodrigo Ubilla.

En effet, selon ce que rapportent les médias chiliens, ce processus de régularisation extraordinaire des immigrants permettra au gouvernement du nouveau président chilien, le très conservateur Sebastian Piñera, d’identifier les personnes sans-papiers et d’obtenir l’enregistrement de tous ceux qui vivent au Chili de manière irrégulière.

Une information qui devrait rassurer en quelque sorte les migrants haïtiens qui, jusque-là étaient sur le qui-vive, et ont vécu avec émoi la prestation de serment du milliardaire Sebastian Piñera comme président du Chili pour un deuxième mandat de quatre ans. Selon les statistiques de la police d’investigation chilienne (PDI –Policía de Investigaciones), plus de 100 000 Haïtiens sont entrés au Chili en 2017, soit 114% de plus qu’en 2016, en qualité de touristes mais avec la ferme intention de s’installer.

« En plus des décisions administratives que le gouvernement doit prendre, à la recherche d’un juste équilibre entre les droits et les devoirs, nous devons savoir avec précision qui vit au Chili et, par conséquent, nous allons progresser avec la régularisation de ceux qui sont maintenant dans une situation irrégulière », a indiqué la députée Paulina Núñez, au point de presse, après la nomination du sous-secrétaire Ubilla.

A en croire la députée Núñez, ce processus de régularisation est une proposition du sous-secrétaire Ubilla. Cette mesure éventuelle a été discutée lors de la dernière réunion avec les parlementaires, où ces derniers ont soulevé la nécessité d’une régularisation, mais ce qui va être décidé en dernier lieu sera du ressort du président.

Si ce processus de régularisation se matérialise, ce sera la troisième fois que l’Etat chilien initiera une telle procédure en faveur de la population immigrée. En 1998 et en 2007, durant les mandats d’Eduardo Frei Ruiz-Tagle et Michelle Bachelet respectivement 22 000 et 46 000 personnes en situation irrégulière sur le sol chilien ont pu être ainsi régularisées.

L’ancien patron du Département Immigration et Migration (DEM), Rodrigo Sandoval, a déclaré : « Au cours des 10 dernières années, il y a eu la croissance la plus explosive de la migration dans l’histoire de la loi actuelle sur les migrations (1975) ». Le dernier chiffre officiel concernant la population étrangère au Chili date du mois de mars de l’année dernière, lorsque le gouvernement l’estimait à près de 600 000 personnes. Un chiffre qui risque d’être beaucoup plus élevé après l’identification des sans-papiers.

Pablo Valenzuela, directeur exécutif du Service jésuite aux migrants, a salué la future mesure. « Avec cela, non seulement les migrants gagnent, mais ils continuent d’exercer leurs droits, mais le pays gagne aussi, sachant bien qui vit avec nous. »

Au cours des prochains jours, le sous-secrétaire Ubilla rencontrera également les députés de l’opposition, en particulier les membres de la Commission du gouvernement intérieur de la Chambre des députés.

En outre, les parlementaires de la coalition « Chile Vamos » ont confirmé la matérialisation du Service national des migrations, une instance que le gouvernement a l’intention de créer dans un délai de 30 mois. Cette nouvelle institution n’a pas été intégrée dans les projets de loi de 2013 et 2017.

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