Une rencontre d’apprentissage avec ISOC Haïti Par Livens Saint-Vil

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Depuis 2007, j’ai commencé à travailler comme opérateur dans plusieurs radios de ma ville natale (Ouanaminthe, département du Nord ‘Est, Haïti). De 2009 à 2016, j’ai travaillé non seulement comme opérateur à la radio Universelle (96.1 Fm stéréo, www. radio Universelle Haïti) sise à la rue St-Pierre, Ouanaminthe, Haïti, mais aussi comme technicien en télécommunication chargé de la réparation, l’installation et l’opération des systèmes de télécommunication (système informatique, mixer, etc.) J’ai aussi travaillé dans le domaine audiovisuel où j’ai prêté mes services aux différentes associations de jeune de la communauté ouanaminthaise, soit dans la réalisation audiovisuelle du concours de chant organisé de 2014 à 2017,  par les Jeunes Ouanaminthais à la Recherche des Talents (JORTA) ; Questions Pour les Surdoués organisées en Décembre 2019 par la Marge haïtienne tribune de l’intelligentsia X Nouvelle Génération (MhatriX NG), ou autres activités socioculturelles. Ainsi mes compétences dans les domaines de radio et de nouvelle technologie de l’information et de la communication commençaient à se développer de plus en plus. Qui plus est, j’ai commencé à réparer les ordinateurs, configurer le routeur d’internet de la radio, faire des montages audio et vidéo. Mon intelligence, qui par la pratique m’a outillé en terme de compétence, était l’épine dorsale de tous mes travaux en tant qu’opérateur de radio et technicien.

En dépit de mes aptitudes dans les domaines informatique et technologique, je n’ai pas choisi des études ayant rapport avec l’informatique comme étude post-secondaire. J’ai opté pour les sciences juridiques dont je suis en troisième année. Mais j’ai toujours en tête une préoccupation basique ayant rapport avec l’accessibilité de l’internet sur tout le territoire national. En fait, être étudiant en sciences juridiques n’a pas entravé mes passions pour l’informatique et la technologie. C’est pourquoi j’ai toujours intéressé à participer dans plusieurs formations qui ont rapport avec les domaines informatique et technologique. C’est encore dans cette perspective que j’ai participé après avoir postulé pour la formation sur les réseaux communautaires organisée par Internet Society Chapitre Haïti (ISOC Haïti).    

Parler de ce moment d’apprentissage combien appétissant sur les réseaux communautaires avec ISOC Haïti, me permet d’exprimer mes satisfactions, de féliciter et de remercier ISOC Haïti pour cette opportunité en matière de savoir accordée à quelques jeunes haïtiens en pleine crise sanitaire. Dès la première séance de cette formation en ligne, je me suis intégré au dynamique et aux acquis par l’ambiance d’apprentissage puisque beaucoup d’éléments du contenu du premier cours me sont familiers même que, je ne savais pas vraiment leur utilité et à quel niveau, ces éléments seraient indispensables dans une démarche de réseaux communautaires. Ananda Gautam, dans son article « Réduire la fracture au Népal » publié le 26 Juin 2020, définit les réseaux communautaires ainsi : « Les réseaux communautaires sont des réseaux établies, gérés et utilisés par les communautés locales. Ils sont souvent établis dans des zones rurales et reculées qui ne sont pas commercialement viables pour les fournisseurs de Services Internet (ISP). Lesdits réseaux sont souvent réalisés à l’aide d’équipements Wifi à bas prix et de bandes de fréquences sans licence dans le but d’interconnecter les membres de la communauté et d’améliorer leur vie. » Dans cet article, Ananda fait mention de deux projets communautaires, soutenus par l’Internet Society. Ce sont Wireless for Communities (W4C) et Rural Communities Access to information Society (RUCCES).

Le W4C Népal lancé en Avril 2015 par rapport au séisme de Gorkha, est un exemple de l’avantage et de la contribution du réseau communautaire dans le développement local. « En utilisant des réseaux sans fil, tous alimentés par des panneaux solaires puisque les villages ne sont connectés à aucun réseau, l’initiative a permis de connecter 12 écoles et 3 centres de santé dans 14 villages reculés des districts de Gorkha, Lamjung et Sindhupalchok. Aucun de ces villages n’avait auparavant accès à une connexion à haut débit. »  Explique Ananda dans l’article cité ci-dessus. Cette connectivité  apportée par les réseaux communautaires aux zones les plus reculées, peut expliquer et motiver la mise en place de tels réseaux  en Haïti où le taux de pénétration de l’internet est très faible. ISOC Haïti comme défenseur de l’accès à l’internet qui, selon les Nations Unies, est un aspect de jouir complètement de nos droits en tant qu’humains (rezonodwes.com, 26 mai 2020), tient à promouvoir l’internet (aspect indispensable à la vie moderne).    

Grâce à cette formation sur les réseaux communautaires donnée en ligne par ISOC Haïti via Webex, Google drive, j’apprends un ensemble d’éléments constituants pour moi des connaissances sur les réseaux communautaires et qu’est-ce qu’ils sont vraiment. Cette formation m’a donné un ensemble de connaissance sur l’utilité et la définition d’une adresse MAC, IP, d’une radio physique, d’un modèle OSI, d’un modèle TCP /IP, d’une couche réseau, d’un adressage IPV4, d’un masque réseau, d’un sous réseau. J’apprends également comment créer plusieurs sous réseaux à partir d’un réseau complet. En somme, cette formation constitue une richesse pour des jeunes haïtiens comme moi, prêts à s’engager dans le changement positif d’Haïti à travers l’agir communautaire. Cet engagement citoyen dans différents domaines de formation et de savoir comme l’ISOC Haïti le fait à travers cette formation sur les réseaux communautaires, est clair comme exemple pour la constitution d’une élite ayant pour valeur l’implication communautaire.

Je remercie ISOC Haïti pour cette formation. Cette dernière m’outille et me donne une certaine capacité comme acquis afin de résoudre certains problèmes liés à l’internet dans mes activités quotidiennes ou dans mon environnement physique et social, et être capable de créer un réseau communautaire. J’attends beaucoup plus d’ISOC Haïti dans ce domaine assez riche et chargé d’opportunité sur le plan individuel et collectif car j’ai beaucoup de projets à réaliser en Haïti. L’un d’entre eux est la mise en place d’un réseau communautaire à Dilaire (localité de la section communale de Haut-Maribaroux, Ouanaminthe, Nord ‘Est, Haïti). Un projet pareil peut apporter une connectivité internet aux habitants de la zone exclus par la position géographique de leur communauté. Ce projet, dans une certaine mesure, peut favoriser le développement local, peut donner accès aux  informations nationales et internationales aux citoyens.nnes de la zone, à l’apprentissage à distance, etc. Il faut souligner l’indispensabilité de l’énergie dans la réalisation d’un projet de réseau communautaire. Il est important de penser à la résolution du problème d’énergie en Haïti car cela facilitera la réalisation de plusieurs projets de cette envergure. Aujourd’hui, l’internet est un outil au service de développement, de même que l’énergie.          

Selon les Statistiques Internets en direct (www.InternetLiveStats.com), en 2016, le taux de pénétration d’internet en Haïti était de 12,1%. Même qu’il peut avoir une augmentation du nombre de personnes ayant accès à l’internet en Haïti, en 2020, cela ne change pas la réalité que l’accès à l’internet est presque un luxe en Haïti, surtout dans les zones les plus reculées du pays où le signal d’internet est très faible et du coup inopportun à une bonne connexion des appareils pour une opération dépendant de l’internet. Il faut que les choses changent (position à laquelle j’inscris mes projets), la technologie avance à grand pas dans la majorité des pays du monde alors qu’Haïti est toujours absente ou en retard dans les grandes révolutions de développement du monde, depuis sa grande victoire de 1804. Mais, il faut reconnaître qu’il y a quelques efforts comme ceux de l’ISOC Haïti voulant répondre et apporter ses contributions au développement de l’internet en Haïti. Et, c’est un bon apport puisque, la Covid-19 nous met à nu. Pendant que, les écoles et les universités fonctionnent dans les pays les plus proches de nous, les nôtres sont fermées en grande majorité. Or, ça devrait être une simple adaptation à la situation présentée si nous avions en place les infrastructures technologiques nécessaires disponibles.

Je remercie une fois de plus ISOC Haïti pour cette belle formation (rencontre d’apprentissage) qui a débuté le 15 Juin 2020 et a terminé le 10 Juillet 2020. Un remerciement spécial à l’ingénieur Jean Nahum CONSTANT pour sa sagesse, son dynamisme et sa maîtrise du sujet qui ont fortement contribué à la réussite de la formation.

Livens Saint-Vil